Aussi forte que soit une puissance, aussi colossaux que soient les moyens dont dispose une Nation pour assurer sa robustesse dominatrice sur les autres Nations dans le concert des Nations, il existera toujours un point où elle est et reste vulnérable. Ce point est justement ce que la terminologie appelle le talon d’Achille, c’est-à-dire la partie à partir de laquelle la variable (A) cesse d’être (A’).
Cette réalité dialectique est si évidente qu’on dirait même que sur cette planète Terre, petit village planétaire, l’hyper-puissance d’une Nation à travers le monde, par l’expression de sa puissance dominatrice sur les autres Nations, n’est que conjoncturelle. Finalement.
C’est ce que nous enseigne la nature, c’est aussi ce que nous dit l’Histoire du monde et de ses civilisations. La même Histoire nous enseigne aussi que nul ne peut oser se joindre en horrible choc avec la puissance dominante, espérer la vaincre sur un domaine donné, si aucune analyse n’a été préalablement faite. Mieux : si l’analyse d’experts n’a pu déceler le côté faible par où devra se focaliser toute la stratégie d’attaque ou de contre-attaque.
Concrètement, la Russie de Vladimir Poutine n’aurait pas défié l’OTAN si ses services d’intelligence n’avaient pas finalement réalisé que la Chine, l’Inde et le reste du Sud n’étaient pas disposés à s’inscrire dans la stratégie de riposte occidentale pour en dissuader l’Ours.
Il faut dire que cette analyse géopolitico-diplomatique était précédée par celle portant sur le complexe militaro-industriel de l’hégémon, qui a permis à la Russie de mettre en place une stratégie conséquente.
Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis d’Amérique, qui étaient en concurrence avec l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), restèrent l’unique grande puissance planétaire. C’était l’ère de l’unilatéralisme yankee, avec pour conséquence la destruction, sans l’aval du Conseil de sécurité, de l’Irak et de la Libye, suivies de la mise à mort de leurs présidents.
Dans la région des Grands Lacs africains, le bombardement des rôles au profit de la petite Rwanda à qui l’on a confié la mission d’affaiblir le Grand Congo, le mettre totalement à genoux et piller, sans ménagement, toutes ses richesses enfouies dans le sous-sol de l’espace Grand Kivu, afin d’approvisionner les usines du Nord, particulièrement celles de la très gourmande Amérique.
Mais ce que les Yankees ignoraient, c’est que les autres étaient en train de les observer, analysant froidement la tactique de combat de l’armée américaine afin d’y déceler d’éventuelles faiblesses. Comme Mack Miller, chef d’état-major de l’armée américaine, l’avait fait remarquer un jour au Congrès :
« La Chine et la Russie ont analysé notre tactique de combat pendant que notre armée se battait en Irak et en Afghanistan. Ayant décelé notre point vulnérable, elles ont ensuite mis au point des armes sophistiquées pour contrer efficacement notre armée. »
Il avait même invité les sénateurs à intégrer le fait que le monde était redevenu multipolaire et que l’ère de l’unilatéralisme américain était désormais révolue.
Comme Vladimir Poutine, Félix Tshisekedi aurait-il (aussi) trouvé le point à partir duquel le Rwanda devra, dans un avenir très proche, cesser d’être ce voisin qui agresse son pays ?
C’est le cas de le dire avec cette nouvelle artillerie qui vient de sortir de Kinshasa, après des victoires diplomatiques enregistrées depuis le début de cette année, à savoir : cette plainte contre l’américaine Apple devant le tribunal pour insertion, dans ses produits, des minerais congolais qu’elle pille dans le pays des mille collines, au moyen de son agression du Congo.
Par cette plainte donc, il s’agit pour Kinshasa d’obliger finalement les entreprises américaines à cesser d’acheter les minerais du sang et s’approvisionner directement auprès du pays détenteur, ce qui assécherait les finances de Kigali et le pousserait à mettre un terme à sa guerre d’agression contre le pays de Lumumba et de Kimbangu.
Reste maintenant que ce nouveau combat doit être porté par tous : majorité, opposition et société civile. Tel est l’objectif partagé par tous : sauver réellement le pays des assauts du régime sanguinaire de Kigali.
P. Mumputu

